Il serait bien prétentieux de dire qu’en huit jours nous avons tout saisi de la Bosnie-Herzégovine. En cinquante-trois épisodes, nous avons pu voir, entendre, toucher d’un peu plus près ce pays justement insaisissable. Ce pays encore meurtri et bloqué, par bien des aspects : les réflexes nationalistes, les haines subsistantes, la surdité volontaire de certains de ses acteurs. Mais plein d’envie aussi, ainsi qu’en témoignent ses jeunes, ses entrepreneurs, ses artistes.
Il serait aventureux d’en prédire l’avenir, tant il s’annonce compliqué. Si la Bosnie veut s’inventer une suite aux accords de Dayton, elle passera assurément par le déblocage du processus politique entre la Republika Srpska et la Fédération croato-musulmane. Un déblocage qui doit permettre aux Bosniens de se doter d’une vraie constitution, afin de s’organiser comme un État vivant, débarrassé de l’assistance respiratoire – pourtant encore nécessaire – de la communauté internationale.
L’avenir de la Bosnie doit aussi se conjuguer avec les mots réconciliation et justice. C’est là encore une réforme politique qui y contribuera, mais aussi le temps. Car quinze ans ne sont qu’un imperceptible clin d’œil dans l’Histoire. Mais un temps suffisant pour que le pays se soit relevé et en partie reconstruit. Ce que nous avons vu de la Bosnie-Herzégovine c’est qu’elle peut, et veut aller de l’avant. Vers l’Europe. Et qu’elle le fera à terme. C’est dans l’intérêt de tous, Bosniens et Européens.
Cette expérience restera pour nous comme la fin de notre formation scolaire au journalisme et le début de notre carrière de professionnels. Nous avons encore beaucoup à apprendre, mais l’enseignement tiré de ces huit jours est inestimable. Écoute, rigueur et ouverture n’ont jamais été aussi important.
Ces huit jours n’auraient pas été possibles sans eux, et il convient de les remercier chaleureusement :
- l’Ambassade de France en Bosnie, son Ambassadeur, Maryse Berniau, mais également son service culturel et Gilles Kraemer, pour leur soutien financier et leur aide logistique, ainsi que leur disponibilité sur place ;
- l’institut Media Plan, Messieurs Zoran et Darko Udovicic, pour leurs éclairages et leur aide dans la recherche de contact ;
- Suad et Lejla, pour leurs traductions et leur connaissance du terrain, sans lesquelles beaucoup de reportages n’étaient pas possibles ;
- la Radio Stari Grad, qui nous a chaleureusement accueilli dans ses locaux pendant une semaine ;
- Ericsson pour son soutien technique et financier ;
- la Fondation Varenne pour son soutien financier ;
- Stéphane Béchaux, directeur de cette éphémère rédaction, pour sa patience et ses conseils toujours constructifs ;
- Jacques Le Cann pour sa bonne humeur et ses coups de mains techniques ;
- bien sûr, Hervé Demailly, à l’origine de ce projet, et le professeur Véronique Richard, directrice du Celsa, qui l’a toujours soutenu.
Avant de conclure, il faut rappeler que ce site fait d’une pierre trois coups, et trois coups remplis d’une certaine émotion : il est notre dernier projet de l’année, notre dernier projet au Celsa et notre dernier projet ensemble. Après avoir partagé deux ans d’études ensemble, avoir appris ce métier ensemble, au fur et à mesure des reportages, des journaux, des débats, des engueulades et surtout des moments de plaisir, cela ne peut pas nous laisser insensibles.
Et les cœurs étaient un peu pincés au moment de prendre l’avion qui nous ramenait à Paris. Mais enjoués aussi, tant ces huit jours bosniens nous ont enrichi, et donné du plaisir. Nous ne pouvions pas finir sur meilleur note. En attendant la (peut-être) prochaine aventure.
Les étudiants du Master 2 Journalisme du Celsa















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